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Session de la Chambre d'Agriculture - 21 juin 2016

La Chambre d’Agriculture de la Gironde avait choisi le site du l’Aérocampus de Latresne, le 21 juin, pour tenir sa session consacrée pour une grande partie aux réalités et aux enjeux de l’agriculture de précision.

Regard vers la modernité

L’essor de l’agriculture de précision se confirme. Aerocampus Aquitaine était donc le lieu approprié pour accueillir les élus de la compagnie agricole. Ce site unique en Europe, regroupe toutes les voies de formation, en maintenance aéronautique avec des applications pour la viticulture comme la manipulation des drones.

Invitation ferme du préfet

Cette séquence technique n’a pas empêché le président de la Chambre d’Agriculture de procéder à l’habituel tour d’horizon. L’un des points forts de cette intervention fut l’appel à la participation au prochain Tech & Bio viticole des 6 et 7 juillet, à Libourne-Montagne « salon qui a pour objectif de promouvoir une viticulture durable et responsable ». Appel allant aussi en direction des représentants de l’Etat et du département. Le président de la Chambre d’Agriculture a renouvelé fermement son invitation au préfet : « les pouvoirs publics ont là l’occasion unique de mesurer les efforts des agriculteurs ». En fin de séance, Hervé Servat (DDTM) devait cependant expliquer que le préfet ne se désintéresse pas de l’agriculture, mais qu’il est soumis actuellement aux contraintes de l’Euro et de ses fans zones. Le représentant de l’administration agricole assurait quant à lui sa présence, de même que Bernard Castagnet, vice-président du Conseil départemental de la Gironde.

International

Après s’être interrogé sur les conséquences d’une éventuelle sortie de l’Angleterre de l’UE (NDLR : la session de la Chambre d’Agriculture s’est déroulée 3 jours avant le verdict anglais), Bernard Artigue saluait la reconnaissance de toutes les appellations bordelaises par la Chine qui est le premier marché à l’exportation pour les vins de Bordeaux. Au plan national, il notait la sortie d’un décret qui redéfinit le rôle du réseau des Chambres d’agriculture. Il soulignait le contenu agricole du projet de loi Sapin 2 qui vise notamment à rééquilibrer les relations commerciales. « La loi permettra également de mettre un terme à des contournements observés dans les cessions foncières par le biais de certains montages sociétaires ». Elle prévoit, pour mieux préserver les terres agricoles, de sécuriser le droit de préemption des SAFER « en obligeant toute société souhaitant acheter des terres agricoles à créer un groupement foncier agricole ».

« L’écologie punitive l’emporte »

Le président de la Chambre d’Agriculture décryptait ensuite la loi biodiversité avant de souligner que « les agriculteurs souhaitent une approche contractuelle et incitative de la biodiversité ». « Contraindre les agriculteurs et les sylviculteurs à préserver la biodiversité par des dispositifs nationaux souvent inadaptés aux réalités locales n’est pas une solution. […] Il est plus bénéfique d’œuvrer dans le sens d’une stratégie gagnant-gagnant en faisant confiance aux choix rationnels des agriculteurs… ».

En ce qui concerne les cours d’eau et fossés, la loi biodiversité devrait permettre de mieux les distinguer. La concertation au niveau départemental est positive entre les services de l’Etat et la profession agricole. « Je pense que nous aboutirons dans le courant de l’été à une cartographie validée par le préfet » indiquait Bernard Artigue. Sur le même sujet, il réaffirmait le soutien de la profession à Daniel Amblevert dont le recours en Cour de Cassation vient d’être rejeté. « L’écologie punitive l’emporte sur l’écologie de bon sens. Je trouve cela regrettable, surtout après les inondations que vient de vivre la France ».

Encore et toujours les phytos

Le président de la Chambre d’Agriculture rappelait « que les phytos sont toujours sous le feu de l’actualité ». Des réunions d’information sont organisées dans le département. « Si les agriculteurs ont largement fait évoluer leurs pratiques, il faut reconnaître que les attentes de la société nous imposent d’aller plus loin. Nous devons être exemplaires sur notre comportement près des lieux de vie et mieux communiquer sur nos pratiques et notre métier avec les voisins ».

Complexité de la PAC

Autre sujet incontournable : les aides PAC dont l’instruction est rendue très complexe. « Si le solde de paiement des aides 2015 est annoncé pour septembre 2016, et l’avance de trésorerie des aides 2016 au 15 octobre prochain, l’incertitude demeure toujours sur les retours de l’instruction des déclarations 2015, notamment sur les surfaces admissibles, les SIE ou les transferts de DPB, sans avoir la possibilité de modifier la déclaration 2016 ».

Enfin, un sujet qui concerne directement la Gironde : l’influenza aviaire et l’avenir de Palmagri. « Si la majorité des éleveurs ont décidé de se mettre aux normes, certains hésitent à s’engager, ce qui pourrait fragiliser la coopérative. Dans le même temps une réflexion est engagée sur l’abattoir d’Auros qui n’est plus aux normes. Aussi nous avons proposé qu’un audit soit mis en place pour élaborer une nouvelle stratégie pour cette coopérative emblématique du Sud Gironde ».

Les horizons extraordinaires de l’agriculture de précision

Qu’il s’agisse de viticulture, de céréales, de maraichage… l’agriculture de précision s’impose de plus en plus dans le quotidien des agriculteurs. Une agriculture mesurée.

Comme toujours ou presque, cela vient d’Amérique. Ainsi que l’a rappelé Gilbert Grenier enseignant chercheur à Bordeaux Sciences Agro, l’agriculture de précision est apparue aux Etats-Unis lorsque le président Reagan coupa les subventions aux farmers américains. Pour survivre ceux-ci se mirent à rechercher de nouveaux moyens susceptibles d’améliorer leur productivité. On commença donc à tirer parti des nouvelles technologies qui allaient permettre de ne plus travailler à l’aveugle, en particulier grâce à l’observation des parcelles d’en-haut. En ce domaine le GPS devenait un outil particulièrement utile. Par la suite, Internet et toutes les technologies de l’information et de la communication devaient apporter le complément indispensable.

« Une révolution »

« Aujourd’hui, souligne Gilbert Grenier, l’agriculture de précision, ce n’est plus une mode. Il s’agit plus que d’une évolution, mais d’une vraie révolution ». Jusqu’ici l’agriculture productive et soucieuse de réduire son impact environnemental s’était tournée vers l’agriculture raisonnée. Celle-ci est toujours d’actualité, mais elle a le défaut de s’appuyer sur des observations statiques, la variabilité des divers éléments contribuant à la production n’étant pas prise en compte. « Or, l’agriculture de précision permet un pilotage précis ».

On s’aperçoit aujourd’hui, de son intérêt du côté de la viticulture, des grandes cultures. On s’inspire un peu de ce qui est fait depuis 30 ans dans les serres maraîchères avec le pilotage des cultures hors sol, ou encore dans certains élevages.

Observation en temps réel

La méthode repose sur l’observation, y compris en temps réel, et sur l’application en fonction des résultats de cette observation. D’où le rôle du GPS, des cartes satellites, de la télédétection, des drones, des capteurs au sol ou installés sur les machines. Prenant en compte les variations intra-parcellaires, on peut ainsi faire varier les doses de produits de traitement ou d’engrais « sans que cela soit systématique » précise l’intervenant. Un slogan peut définir l’agriculture de précision : « la bonne dose au bon endroit et au bon moment ». Mais il faut être capable de trier les informations et de les analyser. Les outils de modélisation et d’aide à la décision y contribuent.

Protocole Isobus

Sur le terrain les nouveaux tracteurs, avec leur équipement électronique embarqué jouent un rôle essentiel. Il faut noter que les constructeurs du monde entier ont adopté le protocole Isobus comme moyen de communication entre tracteur, équipements, et ordinateur. Cette agriculture « mesurée » est censée apporter des gains de rendement et économiser les quantités d’intrants, mais Gilbert Grenier estime qu’ils sont difficiles à anticiper. Une étude déjà ancienne révèle un gain net de 76 euros à l’hectare. Les coûts des équipements nécessaires s’étant abaissés depuis, on peut toutefois espérer mieux.

Et les zones blanches ?

Les zones blanches ont été également évoquées par Gilbert Grenier. Ces zones pour lesquelles le téléphone mobile et Internet ne passent pas ou passent très mal, sont un très gros problème pour le développement de l'agriculture de précision. Les agriculteurs sont les premières victimes de cette fracture numérique. Et le professeur de Bordeaux science agro précise «  C'est aux pouvoirs publics de rétablir une égalité dans l'accès au numérique, et évidemment tous les représentants du monde rural sont mobilisés sur cette question. D'autant plus que l'Europe octroie des aides pour régler de problème d'accès au haut débit. »

La Chambre d’Agriculture déjà experte

En matière de viticulture, l’application des nouvelles technologies sur les machines est susceptible de rationnaliser la pulvérisation en fonction du feuillage, mais aussi de trier les grappes en fonction de critères de qualité.

L’intervention de Pascal Guilbaut, du service vigne et vin de la Chambre d’Agriculture, a permis de constater que le département est déjà bien engagé sur la voie de la viticulture de précision. Un exemple est la détermination du risque mildiou qui fait appel aux informations fournies par les radars. Côté machinisme, c’est la perspective du pulvérisateur intelligent, de l’ère des observations par drones, de la détection optique permettant le désherbage ou l’épamprage localisés. Ces moyens permettent de prendre en compte l’hétérogénéité intra-parcellaires. On utilise la cartographie fournie par les drones, ce qui permet aussi de mesurer la vigueur de la vigne. Fertilisation différenciée, vendanges sélectives sont au programme. Les possibilités sont immenses : s’ajoutent système de guidage, robotique, etc.

Tout ceci annonce des bouleversements au niveau des façons de travailler, mais aussi dans la conception et la diffusion du conseil par les Chambres d’agriculture. Se pose aussi la question de la propriété et de la protection des données. Ainsi par exemple, une multinationale américaine est en mesure de connaître le rendement de toutes ses moissonneuses batteuses sur toute la planète. On imagine ce que peuvent en faire les spéculateurs et les conséquences sur les marchés.

Ils ont dit...

Denis Chaussié annonce l'organisation par les viticulteurs du réseau Bienvenue à la ferme de l'opération Vign'en Ville les 10 et 11 septembre au jardin botanique à Bordeaux, et l’ouverture le 16 septembre d'un nouveau point de retrait du drive fermier33 dans le centre ville de Bordeaux – quartier Mériadeck.

Patrick Vasseur dans la logique du plan Ecophyto souhaite la mise en place d'un témoin non traité par commune.

Marie-Henriette Gillet évoque les difficultés du prix laitier en dénonçant la position de l'Europe qui paie les producteurs à ne pas produire.

Bernard Goriou sur le dossier de l'agriculture de précision, insiste sur les enjeux de la formation des jeunes et futurs agriculteurs pour savoir manipuler les nouveaux outils, sans être manipulés.

Marie-Thérése Lacosse déplore le gel de la hausse des retraites et les prises de position peu favorables de Marisol Touraine et de Michèle Delaunay

Gérard Bougès évoque le projet de Maison des producteurs de l’ADAR du Médoc. Elle regroupera sur un même lieu à Cissac Médoc : un magasin de producteurs, un restaurant et un drive fermier. L'heure est à la recherche des financements.

Bernard Bouchon déplore « les syndicats minoritaires soient tenus loin de certaines décisions de la Chambre d’Agriculture».

Jean-Louis Dubourg faisant allusion à la décision du préfet de reporter l’extension de la porcherie de Saint-Symphorien : « ce jour là on encourage la création de porcherie en Pologne ou ailleurs ».

Bernard Castagnet (Conseil départemental) fait le point sur les possibilités de soutien financier dans le cadre des nouvelles compétences des départements.

Hervé Servat (DDTM) excuse le préfet, souligne notamment l’intérêt de la reconnaissance des appellations par la Chine qui renforce la position de l’UE dans les négociations commerciales avec les Américains. Il reconnait les difficultés de l’administration dans l’instruction des dossiers PAC

Une implantation près de la Cité du Vin envisagée

Les élus de la Chambre d'Agriculture ont donné pouvoir, par un vote, à leur président d'étudier les opportunités d'un déplacement du siège à proximité de la Cité du Vin à Bordeaux. Il est en effet question de réfléchir à la création d'un pôle agricole régional qui regrouperait la plupart des organisations agricoles. La livraison de l'ensemble du projet immobilier étant prévue dans les premiers mois de 2018, le dossier pourrait être examiné la session de novembre de cette année.

Actualités

Prochaine session

La prochaine session de la Chambre d’Agriculture de la Gironde se déroulera le 25 novembre.

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